Les grenouilles tombées dans la jatte de crème (Jorge Bucay)

Les grenouilles tombées dans la jatte de crème (Jorge Bucay)
Jorge Bucay, recueil de nouvelles, essai intitulé "Laisse-moi te raconter... les chemins de la vie"
Les grenouilles tombées dans la jatte de crème

UN JOUR, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s'apperçurent qu'elles s'enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain : elles ne parvenaient qu'à barboter au même endroit en s'enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle. L'une d'elle dit tout haut :
« Je n'en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. Je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l'intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »


Ayant dit cela, elle cessa de s'agiter et s'enfonça rapidement, littéralement engloutie par l'épais liquide blanc.
L'autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit : « Rien à faire ! Pas moyen d'avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu'à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné. »
Elle continua à s'agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d'un pouce, pendant des heures et des heures.
Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s'agiter et de patauger, la crème se transforma en beurre.
Surprise, la grenouille fit un bond et patinant, arriva au bord de la jatte. De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement.

(D'après Natha Caputo, "contes des quatres vents")

# Posté le mardi 25 novembre 2008 06:55

Modifié le dimanche 28 décembre 2008 11:26

Vous pensez avoir du talent ? ou pas ... C'est ici !

Vous pensez avoir du talent ? ou pas ... C'est ici !
Suite à un article n'ayant pas eu grand effet, je vous demanderais tout simplement de déposer ici votre plume, qu'elle soit sur papier buvard ou à l'ancre de Chine.

Alors.. À votre clavier !

(ps : et remplissez-moi cet article de vos écrits, allez allez ! )

# Posté le mardi 29 juillet 2008 15:55

Modifié le mercredi 17 décembre 2008 13:13

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND


Un film de Michel Gondry
Avec Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst, Elijah Wood, Mark Ruffallo, Tom Wilkinson
Durée : 1h48
Sortie : 06 Octobre 2004

Tout simplement l'un des films les plus beaux et originaux de sa génération, réalisation de Michel Gondry (Human Nature), basée sur un scénario de Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovitch), seconde collaboration donc.
Le générique, reprise par Beck du morceau


Everybody's gotta learn sometime de The Korgis, intervient 18 minutes après le début du film.

Le titre du film est tiré du poème Eloisa to Abelard d'Alexander Pope, cité dans le film :

Il s'agit des lignes 207 à 210 du texte, la ligne 209 ayant donné son nom au film.

                               
Version originale :                                          Traduction française :

How happy is the blameless Vestal's lot!                 Que le sort de l'irréprochable vestale est heureux
The world forgetting, by the world forgot;                 Le monde oubliant, par le monde oublié ;
Eternal sunshine of the spotless mind!                    Éclat éternel de l'esprit immaculé !
Each pray'r accepted, and each wish resign'd.            Chaque prière exaucée, et chaque souhait décliné

Une référence récurrente à Huckleberry Hound intervient dans le film, Joel Barish interprétant ainsi à Clémentine le refrain de la chanson Oh My Darling, Clementine :

Oh my darling, oh my darling,
Oh my darling, Clementine!
You were lost and gone forever
Dreadful sorry, Clementine.

Pour étouffer les rumeurs, sachez que oui, les français aussi peuvent réaliser de bon films !


  Je vous invite à découvrir le site officiel sur le français Michel Gondry, l'un des meilleurs réalisateurs au monde, la preuve en est que ce film est réalisé pratiquement sans post-production. Voir le "making of". Il avait largement partagé les foules avec Human Nature (2001), son premier film. Avec Eternal Sunshine, il met tout le monde d'accord.


  Charlie Kaufman nous offre là encore un grand scénario sur le thème de la mémoire, déjà exploré dans son excellent Dans la Peau de John Malkovitch, mais l'appliquant ici à une romance.
Une simple histoire d'amour ? Bien sûr que non. Utilisant l'attachement que nous portons à nos souvenirs - qui exécrables ou excellents sont toujours désagréables lorsqu'on les sait oubliés - Kaufman dépeint ici les racines même de l'amour, atteignant un aspect de la chose que nous n'avions pas coutume de voir sur un écran.

  La recette est pourtant simple : l'amour ne naît pas du sentiment que l'on ressent pour quelqu'un à un instant T, mais plutôt du souvenir que l'on en gardera, qui ressurgira plus tard et catalysera les affinités.
On s'éloigne donc du concept de coup de foudre pour parler de l'amour dans son sens le plus commun. Le scénario ne part pas dans de longs discours sur les sentiments mais de simples moments de complicité des personnages interprétés brillamment par leurs acteurs respectifs. Partant donc du principe que l'oubli est plus douloureux que la fin d'une relation en elle-même, Eternal Sunshine of the Spotless Mind illustre la destruction de l'amour par la disparition de tout ce qu'il entourait.

  Mais Eternal Sunshine ne s'arrête pas là. Son plus grand coup de génie est de faire intervenir un élément fascinant, car inexplicable et pourtant capable de changer toute une vie : le "déjà-vu". Si on le trouve sporadiquement dans certains scénarios contemporains, il n'aura rarement été aussi bien mis en valeur, là encore tout en finesse, en toile de fond. Le mélange de réalité et souvenirs enfouis dans la tête de Joel s'opère parfaitement - son absurdité est parfaitement crédible - lorsqu'il se balade dans sa propre tête, le film est également ponctué d'instants en voix-off, où notre héros se parle à lui-même et se pose des questions sans réponses. Sans réponses pour lui, mais avec réponses pour nous, du moins dans un second temps puisque le film intégralement mérite une seconde vision pour mieux comprendre certains de ses instants.

  Exprimée entre autres par un simple "okay" en réponse aux misères de l'amour, la conclusion d'Eternal Sunshine of the Spotless Mind prouve qu'il s'agit d'un film abouti, de A à Z parlant et prenant, riche en signification, dans lequel chaque spectateur devrait un peu se reconnaître. Inoubliable !

                                      (Critique basée sur celle de Kevin Prin)

# Posté le lundi 12 mai 2008 06:39

Modifié le mercredi 17 décembre 2008 13:14

Everybody's gotta learn sometime

EVERYBODY'S GOTTA LEARN SOMETIME


C'est un titre musical du groupe anglais The Korgis, sorti en 1980.

Il s'agit là du plus gros succès du groupe.

La reprise par Beck dans le film est tout aussi magnifique, elle donne même une dimension émotionnelle supérieure au film lui-même.

# Posté le jeudi 15 mai 2008 10:46

Modifié le mercredi 17 décembre 2008 13:26

ANIMANIACS - Nations Of The World

ANIMANIACS - Nations Of The World


Ou comment apprendre la géographie et s'instruire en s'amusant...

Les Animaniacs nous offre ici encore un très bel épisode parmi les 470 de la série. Créée par Tom Ruegger, produite par Amblin Entertainment pour les studios Warner Bros. Entertainment et diffusée entre le 13 septembre 1993 et le 14 novembre 1998 sur FOX puis sur The WB, la série sera diffusée en France à partir d'avril 1994 sur Canal+ et rediffusée sur France 3 et sur Cartoon Network.


Yakko : le plus vieux... un peu plus sérieux
Wakko : le plus jeune, enfantin
Dot : la petite s½ur des deux crétins

Cortex : rat méchant qui veux contrôler le monde
Minus : « associé » de Cortex. Gentil et un peu crétin (voir Minus et Cortex pour plus de détails)
Dr Gratésnif : psychiatre caricatural (accent germanique compris) des studios Warner, tentant de soigner Yakko, Wakko et Dot, en vain
Nounou : infirmière sexy des studios Warner provoquant de violents émois chez Yakko & Wakko traduits par la fameuse réplique "Salut nounou !"
Mr Plotz : exécutif colérique des studios Warner
Ralph : vigile aussi gros que stupide des studios Warner
Freakazoid : Adolescent transformé en super-héros déjanté après son absorption par un ordinateur

# Posté le vendredi 06 juin 2008 14:07

Modifié le mercredi 17 décembre 2008 13:15